Contribution de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud

Il y a quelques semaines encore, vivre ensemble se présentait comme un beau slogan à mettre en œuvre. Et voici que tout à coup, l’impossibilité d’y donner suite surgit au travers d’un virus redouté et redoutable. Et la crise sanitaire de conduire chaque pays à fermer ses frontières, chacun à rester chez soi; et chaque religion à se replier sur elle-même?

Le risque est là, bien présent, mais aucune de nos traditions ne veut tomber dans ce piège. Car l’intériorité et ce qui met en mouvement les êtres au plus profond ne souffrent d’aucun confinement. Les convictions fortes ne se laissent pas enfermer. Bien au contraire, elles alimentent et fortifient les assises qui ne cessent de tisser des relations. Alors, lorsque ces dernières ne peuvent trouver physiquement expression, la méditation et la prière poursuivent leur maillage essentiel pour que se propage le désir de bâtir ensemble au cœur de la société.

L’exigence d’un vivre ensemble pacifique

La période présente rappelle, si besoin était, la fragilité de la vie et de l’humain, leur non-maîtrise, tout en s’interrogeant sur ce qu’il faut entendre par santé. Cette dernière ne touche-t-elle que le corps, individuel, physique, ou également social, économique et politique, voire spirituel? Si d’aucuns (re)découvrent cela, les protestants y voient un rappel que l’Ecriture biblique invite toujours au déplacement intérieur.  Il y aura immanquablement de larges conséquences: la paix pour vivre ensemble n’y échappe pas si elle veut être profonde.

Pour le croyant protestant, c’est le Dieu vivant le véritable artisan de paix, appelant l’individu à le devenir à son tour. Pour cela, l’Ecriture l’invite à prendre conscience que le Christ est venu mettre à bas bien des murs, selon une expression de l’apôtre Paul. À détruire? – Oui, sans aucun doute, car faits de jugements mutuels et de séparations doctrinales, qui finissent par réduire le vivre ensemble à un vivre les uns à côté des autres. Autant dire que la tâche est exigeante et le restera, car la paix véritable nécessite une conversion, non seulement du regard porté sur l’autre, mais sur soi.

Ainsi cette Ecriture qui rend témoignage au Christ, qui a suscité les réformateurs d’hier, qui stimule les exégètes et théologiens d’aujourd’hui, déploiera la force et l’espérance de femmes et d’hommes de bonne volonté. Taraudé.e.s, renouvelé.e.s et renforcé.e.s par elle, toutes et tous permettront au mot paix de ne plus être daté, mais inscrit au cœur des êtres qui lui offriront leur visage.

Serge Molla, Office Eglise et Société de l’EERV

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